En discutant de la représentation des femmes dans le monde de la programmation avec la blogueuse @LucileJuhel aujourd'hui, j'ai compris quelque chose :

On parle souvent de discrimination à l'embauche, que ce soit à cause du sexe, de l'origine, de la religion, de l'orientation sexuelle ou même de l'âge et ce pour tous les postes, et tous les secteurs d'activité.

Et si ces recruteurs sortis du moyen-âge n'étaient pas le seul problème ?

Dans l'un de mes premiers jobs, j'ai été amené à faire passer un certain nombre d'entretiens pour des postes de développeurs et, bien sûr, à lire et trier les CV de ces candidats. Mais voilà, je ne me souviens pas avoir fait passer un seul entretien à une développeuse, mais surtout de n'avoir reçu aucune candidature de femme pour ces postes !

Parfois, l’image d’une entreprise trop inégale en terme de répartition hommes-femmes peut empêcher certains profils de candidater, mais mon entreprise de l’époque était constituée à plus de 50% de femmes, donc là n’était pas le problème.

Le constat est simple : Le manque de développeuses dans les entreprises est surtout dû à l’échec du système scolaire (et de notre société en général) à orienter les femmes vers les métiers scientifiques et technologiques.

Je sais qu’en lisant cela, certains se demanderont :

Et alors, où est le problème si ces métiers plaisent moins au femmes ?

Mais là est tout le problème, ce corps de métier ne risque pas de plaire à des personnes qui ne le connaissent pas ! Pour ne rien arranger, cette problématique cache un cercle vicieux. Beaucoup de jeunes se lancent dans ces carrières en ayant en tête un modèle de réussite : Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Elon Musk, etc...

Mais le manque de programmeuses induit que le pourcentage de femme reconnues dans ce milieu-là est encore plus mince, réduisant donc les chances que d’autres jeunes filles se lancent à leur tour dans ce genre de carrière.

Depuis quelques années, le système scolaire a commencé à introduire la programmation dans le cursus classique, ce qui amènera, je l’espère, ce cercle vicieux à prendre fin. Mais tant que le problème n’est pas réglé, voici un exemple de discrimination auquel les femmes doivent encore faire face :

Aurélie Jean – Quand les algorithmes discriminent les femmes
Aurélie Jean – Quand les algorithmes discriminent les femmes

Oui. Le manque de femmes dans le monde du développement d'hier nuit à l'expérience qu'ont les femmes avec le numérique aujourd'hui. Évidemment, et même si j'ai consacré cet article aux femme aujourd'hui, il en va de même pour le manque de diversité global dans le monde de la tech ! (Quelques exemples ici et ici, mais ces phénomènes méritent un article à eux tout seuls)

Alors pour essayer d’apporter une note positive à ce constat, et dans l’espoir de montrer qu’il existe bel et bien de nombreux modèles de réussite dans le monde de l’informatique, voici une petite liste non exhaustive des programmeuse de l'histoire que j'admire le plus :

Ada Lovelace

Certainement la plus connue de cette liste, Ada Lovelace est tout simplement LA première programmeuse de l'histoire. En 1842 elle travaille sur la machine analytique de Babbage et invente un algorithme pouvant calculer les nombres de Bernouilli et introduisant par la même occasion la première boucle conditionnelle dans un programme.

Hedy Lamarr

Hedy Lamarr est une actrice et productrice de cinéma, mais surtout une inventrice de génie. Mariée à un important fabricant d'armes, elle travaillera à la description d'un système de communication secrète pour engins radio-guidés appliqué par aux torpilles en 1942. Ce principe de transmission, mis de côté à l'époque, est aujourd'hui utilisé dans les système GPS, les réseaux de téléphonie mobile en encore... le WiFi.

Joan Clarke

Cryptographe de formation, elle est recrutée en 1940 au Bletchley Park dans le but de participer au décryptage de la machine allemande "Enigma". Devenant vite la meilleure au sein de sa section, elle sera promue responsable adjointe du groupe qui parviendra à faire basculer la guerre en faveur des alliés au côté d'Alan Turing et de sa célèbre machine.

Grace Hopper

Que dire de la célèbre Grace hopper sinon qu'elle est la conceptrice du premier compilateur en 1951 et du COBOL (langage le plus employé entre 1960 et 1980, encore dans les systèmes des insitutions financières) en 1959.

Maragaret Hamilton

Informaticienne, ingénieure système, cheffe d'entreprise, elle fût surtout la directrice du département génie logiciel au sein du laboratoire du MIT qui conçut le système embarqué du programme spatial Apollo. Ici on la voit se tenir à côté de la pile de code utilisée pour le système de navigation du programme.