Beaucoup pensent que croire à une théorie du complot, ou autre "fake news", relève d'un manque d'intelligence, et pourtant avec l'arrivée de cette épidémie on a vu de plus en plus de médecins raconter bien des choses, parfois délirantes, à qui voulait bien l'entendre.

Alors pourquoi même les gens capable d'effectuer sans problème des raisonnement logiques complexes tombent dans le panneaux de ces "fake news" ?

Parce que le problème ne vient pas de la réflexion ou du mécanisme de raisonnement, mais des données sur lesquelles on s'appuie pour les effectuer, et ces données, notre éducation et notre histoire ne nous ont pas appris à les vérifier, à les sourcer afin de débusquer des erreurs, qu'elles soient intentionnelles ou non.

Notre cerveau n'est d'ailleurs pas conçu pour cela en premier lieu, c'est ce que l'on appelle le biais de confirmation : Notre cerveau va privilégier les informations confirmants nos idées préconçues et minimiser l'importance des informations en leurs défaveurs.

Mais alors, si les fausses informations ont toujours circulé, et que notre cerveau n'est pas conçu pour aller chercher spécifiquement la vérité, qu'est-ce qui a changé pour que le conspirationnisme prenne tant d'ampleur ?

Une réponse : la vitesse de l'information. A la grande époque de la presse papier, 24h complètes s'écoulaient entre deux tirages, et tous les journaux étaient imprimés le matin, peu importe le nom du journal.

Cette cadence avait pour avantage de laisser le temps aux journalistes de vérifier leurs informations, de les recouper avec différentes sources et de pouvoir transmettre une information plus fiable. Avec l'explosion de la radio, de la télévision, et notamment plus tard des chaînes d'infos en continu, la course à celui qui sortirait l'exclusivité en premier était lancée.

Là encore, même si la fiabilité de l'information était mise à mal par cette course effrénée, la diffusion de l'information était unilatérale : du journaliste vers l'auditeur (ou le téléspectateur).

La conséquence de cette unilatéralité a été de formater notre société tout entière à déléguer le travail de vérification de l'information à un "tiers de confiance", ce qui a eu pour but d'atrophier petit à petit pendant des centaines d'années notre esprit critique, tel un muscle que l'on aurait laissé à l'abandon et qui disparaitrait au fur-et-à-mesure des générations.

Hors l'arrivée d'internet, et des réseaux sociaux a permis un grand renversement : la diffusion de l'information est désormais multilatérale, et chacun est libre d'exercer ce droit, ou non, et de la manière dont il l'entend.

Mais que devient le travail de vérification de l'information, au départ délégué à quelqu'un formé spécialement pour ça et dont c'est la spécialité, le fameux journaliste ? Il se retrouve noyé dans la masse d'informations reprises, modifiées, transférées, interprétées et parfois falsifiées.

C'est dramatique, et à la fois c'est contre-productif d'en vouloir aux gens qui diffuse de l'information et n'ont jamais appris à vérifier, sourcer et utiliser leur esprit critique perdu depuis des générations.

C'est le message que j'avais envie de partager avec vous aujourd'hui. Ne cessez jamais, non pas de seulement douter des informations, mais de les vérifier sans relâche. Exercez votre esprit critique coûte que coûte et poussez votre entourage à faire de même.

Mon entourage est parfois attristé de voir que je vérifie chaque information entendue, même lorsqu'elle vient des gens que j'aime le plus au monde, cela peut être perçu comme un manque de confiance, et je peux le comprendre.

Mais croyez-moi, rien à voir avec la confiance, je suis simplement convaincu qu'à notre époque, avec le nombre hallucinant de décisions que nous devons prendre chaque jour et qui impactent nos vies, il est désormais VITAL de refaire fonctionner son esprit critique , afin de prendre des décisions éclairées par des données correctes.

Alors peu importe les sujets, que ce soit le coronavirus, la 5G, le nucléaire, les masques, par pitié vérifiez toutes les informations que vous entendez, voyez, lisez autant de fois que possible avant même de prendre position.

Apprenez à dire : Je ne sais pas, je ne suis pas assez renseigné, je donnerai mon point de vue quand j'en saurai suffisamment sur le sujet, et vous en ressortirez grandi, et notre société aussi. ❤︎


À propos de l'auteur

Hello, je suis Nicolas Brondin-Bernard, ingénieur web indépendant depuis 2015 passionné par le partage de d'expériences et de connaissances.

Aujourd'hui je suis aussi coach pour développeurs web juniors, tu peux me contacter sur nicolas@brondin.com, sur mon site ou devenir membre de ma newsletter pour ne jamais louper le meilleur article de la semaine et être tenu au courant de mes projets !


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