Si vous êtes actuellement développeur web, que vous avez lu mon article intitulé "Ce que veut dire être développeur freelance en 7 points clés" en entier et que vous souhaitez quand même devenir freelance, je vais vous expliquer la marche à suivre dans cet article.

Attention, la plupart des articles de mon blog sont adressés aux développeurs juniors, et même s'il est possible de devenir freelance en tant que junior, je ne le conseille pas.

Tout d'abord, si vous n'avez jamais eu de cours de création d'entreprise, je vous conseille de vous renseigner auprès de la CCI (ou à la Chambre des métiers) pour participer à une réunion sur la création d'entreprise pour comprendre les bases.

Et si vous êtes demandeur d'emploi, renseignez-vous aussi auprès de votre conseiller Pôle Emploi pour connaître les possibilités de financement qui vous sont disponibles.

À noter que le terme "développeur freelance" peut vouloir dire plusieurs choses en terme de statut/régime légal, mais ici je vais vous parler de la création du régime le plus classique : la micro-entreprise.

Créer sa micro-entreprise

Afin de devenir officiellement freelance, vous devez créer votre micro-entreprise sur le site de l'URSSAF spécialement prévu à cet effet : https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr

Attention : De nombreux sites se proposent de créer votre micro-entreprise pour quelques euros, mais le site de l'URSSAF est gratuit et je vous conseille de passer uniquement par ce dernier pour éviter tout risque d'arnaque !

La micro-entreprise n'est pas un statut juridique, mais un régime spécial, ce qui signifie que votre entreprise ne sera pas considérée en tant que personne morale, mais bien en tant que personne physique (vous), sous votre nom/prénom et votre responsabilité personnelle.

Si vous engrengez des dettes avec votre entreprise, vous endettez directement votre patrimoine personnel, c'est pour cela que ce statut est surtout conseillé à des professions libérales (comme les développeurs), ou à des prestations de service.

Le seuil de chiffre d'affaires annuel maximal est de 72.600 € HT, si votre entreprise dépasse ce seuil pendant deux années de suite, vous devrez changer pour le régime réel simplifié.

La première étape est de créer votre compte sur le site, avec vos informations officielles (prénom, nom, numéro de sécurité sociale, etc...). Le site vous propose d'indiquer un numéro de SIRET, n'y prêtez pas attention, vous recevrez le votre que bien plus tard, par la poste.

Le formulaire

Une fois connecté à votre espace, vous y verrez un bouton "Créer mon auto-entreprise", en cliquant dessus vous arriverez au formulaire de création.

La plupart des questions sont simples et vous pourrez y répondre par vous-même, mais pour certaines vous pourrez trouver ci-dessous quelques réponses qui pourront vous aider :

Page 1 : Mon projet d'auto-entreprise

Dans la question "Je souhaite exercer l'activité", sélectionnez l'option déjà existante *CONCEPTION DE SITE WEB, DEVELOPPEMENT, VENTE DE SOLUTIONS INFORMATIQUES*

Puis à la question "Souhaitez-vous exercer une ou plusieurs activités secondaires", répondez "Oui", et inscrivez toutes les activités que vous souhaitez faire en plus autour du développement web, exemple : "Architecte de systèmes d'information, consultant, création de maquettes graphiques,..."

Page 2 : Mes informations personnelles

Ici vous devriez être en mesure de répondre à toutes les questions étant données qu'elles ne portent que sur votre vie, mais pensez néanmoins que votre adresse professionnelle doit être déclarée à votre propriétaire (si vous êtes locataire) et que ce dernier (ou cette dernière) doit accepter (idéalement par écrit) que vous utilisiez son logement comme adresse professionnelle.

Page 3 : Mes volets social et fiscal

Devenir auto-entrepreneur signifie aussi verser régulièrement des côtisations sociales à l'URSSAF qui correspondent à un pourcentage de votre chiffre d'affaire, donc pas de CA, pas de cotisations, c'est aussi simple que ça !

Dans ce volet de formulaire, vous allez pouvoir décider de la fréquence à laquelle vous allez régler vos cotisations (mensuelle ou trimestrielle), en général c'est un choix personnel, mais si vous envisagez de faire des démarches avec Pôle Emploi, il se peut que ces derniers vous demande forcément un prélèvement mensuel des cotisations.

En ce qui concerne le prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu, c'est une facilité mise en place pour les micro-entrepreneur qui permet de payer ses impôts sur le revenu lié à la micro-entreprise directement en même temps que les cotisations (un peu l'équivalent du prélèvement à la source classique).

Personnellement je conseille d'opter pour cette option, celà permet d'éviter toute mauvaise surprise en fin d'année, mais il y a quelques conditions à remplir pour être éligible au prélèvement libératoire, je vous laisse consulter les conditions directement sur le site de l'URSSAF : https://www.impots.gouv.fr/portail/professionnel/le-versement-liberatoire

En optant pour le PL, vos cotisations s'élèveront à 23,7% de votre chiffre d'affaire sur la période, à régler directement sur le site de l'URSSAF.

Fin du formulaire

Lorsque vous aurez fini de remplir toutes les pages, vous accèderez à un récapitulatif, puis vous devrez envoyer une photo de votre pièce d'identité ainsi qu'une petite attestation manuscrite, et voilà !

Normalement vous devriez recevoir la preuve de votre immatriculation ainsi que votre numéro de SIRET dans 8 à 15 jours par courrier.

Attention : Une fois que vous serez immatriculé, vous risquez de recevoir d'autres courriers vous demandant de payer tel ou tel services, soit disant obligatoires, mais il n'en est rien, ce sont des entreprises qui se font passer pour des entités légales et tentent d'abuser de votre confiance.

Demander l'ACRE

L'ACRE (aussi appelée Aide à la Création/Reprise d'Entreprise) vous permet d'être exonéré d'une partie de vos cotisations sociales pendant la première année de l'entreprise, en tant que micro-entrepreneur cela correspond à 50% de vos cotisations.

Cette aide est un tremplin précieux pour de nombreux entrepreneurs, mais attention à ne pas vous faire avoir et à planifier les revenus de votre entreprise comme si les cotisations étaient exonérées pour toujours, cela s'arrête à la fin du troisième trimestre de la première année d'exercice.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le site de l'URSSAF

Gérer son auto-entreprise

La gestion administrative d'une micro-entreprise est simplifiée au maximum afin que cette alternative soit accessible au plus grand nombre, mais il existe tout de même quelques obligations administratives.

CFE

La cotisation foncière des entreprises est un impôt obligatoire dont toutes les entreprises françaises sont redevables. Un développeur freelance devra s'acquitter du montant minimum défini par le conseil municipal de sa localisation professionnelle (s'élevant en général entre 200 et 250€).

La première année, l'entreprise est exonérée à 100% de CFE, et à 50% la deuxième année, un montant largement acceptable même si l'entreprise ne réalise aucun chiffre d'affaire.

La CFE est à payer directement sur les sites des impots https://impots.gouv.fr dans votre espace professionnel.

TVA

Le régime de la micro-entreprise est "franchise en base de TVA", ce qui signifie qu'elle ne collecte, ne reverse, ou ne récupère aucune TVA sur ses prestations ou sur ses achats.

Néanmoins, pour les micro-entreprises de prestation de services, si le chiffre d'affaire annuel dépasse la somme de 34 400€, l'entreprise devient alors assujetie, et doit demander l'ouverture de sa TVA aux impôts.

Tant que l'entreprise n'est pas assujetie à la TVA, la mention "TVA non applicable, article 293 B du CGI" doit apparaitre sur toutes les factures et devis édités par l'entreprise.

Factures et devis

Depuis quelques années, les micro-entreprises sont tenues d'éditer des factures conformes et de tenir un journal des ventes en utilisant un logiciel assermenté.

Personnellement, j'utilise le site "Henrri" qui est parfait pour ça, il est gratuit, facile à prendre en main et permet une gestion simplifiée mais légale et suffisamment complète, même lorsque l'on est assujeti à la TVA.

Le lien vers le site : https://henrri.net

Compte bancaire

La dernière des formalité est d'ouvrir un compte bancaire séparé pour votre micro-entreprise. Attention, j'ai bien dit "séparé" et non "professionnel".

Lorsque vous demanderez à votre banque d'ouvrir un compte pour votre auto-entreprise, il y a des chances pour que celle-ci vous propose automatiquement un compte "professionnel", beaucoup plus cher qu'un compte classique.

Vous êtes en droit de refuser, il n'y a aucun obligation d'avoir un compte professionnel !

Assurance responsabilité civile professionnelle

Il n'y a aucune assurance obligatoire en micro-entreprise, néanmoins il est fortement conseillé d'en contracter une, mieux vaut prévenir que guérir.

Cette assurance pourra par exemple vous couvrir si vous endommagez l'infrastructure du système d'informations d'un de vos clients, ou encore que l'un de vos site tombe en panne pendant les soldes et que le chiffre d'affaire de votre client est imputé.

Vous pouvez demander les offres à votre banque ou votre assurance actuelle, ils auront sûrement des choses à vous proposer !

C'est une tranquilité de l'esprit importante à quelques dizaines d'euros par mois qui s'offre à vous !

J'espère que cet article vous aura plu, et à bientôt sur le blog !


À propos de l'auteur

Hello, je suis Nicolas Brondin-Bernard, ingénieur web indépendant depuis 2015 passionné par le partage de d'expériences et de connaissances.

Aujourd'hui je suis aussi coach pour développeurs web juniors, tu peux me contacter sur nicolas@brondin.com, sur mon site ou devenir membre de ma newsletter pour ne jamais louper le meilleur article de la semaine et être tenu au courant de mes projets !


Photo par Andrew Neel sur Unsplash